Latines

Le Merengue

Le Merengue est un genre musical et une danse née en République Dominicaine (région de Cibao) vers 1850, et aujourd’hui interprétée également par des artistes portoricains.
Ses origines sont incertaines : une des hypothèse serait qu’il viendrait d’une danse appelée la upa habanera qui comportait un pas de danse appelé « merengue » ; il pourrait aussi être dérivé d’un style musical haïtien, le méringue.
Plusieurs histoires populaires décrivent l’origine de cette danse. On raconte qu’un personnage de la révolution haïtienne de 1791 fut accueilli chez lui pour célébrer la victoire. Le malheureux ayant une jambe de bois se mit à danser avec la foule qui se mit à l’imiter et à danser d’une manière qui resta dans le temps et évolua pour donner le pas de base du mérengué. Un autre histoire nous dit que le pas serait issu de la démarche des esclaves enchaînés tous ensemble à la cheville qui récoltaient la canne à sucre au rythme du tambour.
Le merengue est resté une danse de la campagne, critiqué par la bourgeoisie qui préférait la tumba jusqu’à ce que le dictateur Rafael Trujillo ne le déclare « danse nationale officielle ».
Dans les années 1970, le merengue s’est modernisé et, sous l’influence de la salsa, les groupes ont incorporé le piano, des cuivres (saxophone & trombone), puis le synthétiseur et une basse électrique.

Le Cha Cha Cha

Le Cha-cha-cha est une danse et un genre musical inventé en 1954 par le violoniste cubain Enrique Jorrin, de la charanga Orquesta America, dans la première partie du morceau Engañadora (l’autre partie est un rythme de mambo), mais le mot « cha-cha-chá » n’apparaît que dans le morceau Silver Star, et provient du son produit par le frottement des pieds des danseurs sur le sol.

Enrique Jorrín, remarquant les difficultés des danseurs avec modèle du danzón-mambo (les pas ne sont pas marqués sur le temps, mais sur la syncope), préfère rechercher une forme simplifiée, et compose alors des mélodies avec, si possible, aucune syncope. Ainsi, les danseurs peuvent se baser sur la mélodie. Les arrangements de l’orchestre, quant à eux, sont toujours rythmés par des syncopes.

Ce mélange – la mélodie sur le temps, et l’accompagnement sur le contretemps – est une caracteristique de ce nouveau genre, le cha-cha-cha.

Après la Engañadora, d’autres succès ont suivi : Antonio Sanchez (Yo sabía) ; Félix Reina (Angoa) ; Rosendo Ruiz (Rico vacilón, Los Marcianos) ; Rosendo Rosell (Calculadora) ; Richard Egües (El Bodeguero) ; Rafael Lay (Cero codazos). En 1961, Los Machucambos (France), ont connu le succès avec le cha-cha-cha Pepito (mi corazon), repris par Bourvil.

Le Cha-cha-cha était appelé également à son origine triple mambo. D’ailleurs, il succède à la mode du Mambo, mais devra affronter la concurrence du rock’n'roll puis de la pachanga en 1960.

La danse
Le cha-cha-cha est une danse relativement simple à apprendre, mais le pas de base est un petit peu plus compliqué que celui des danses apparentées (rumba, mambo, salsa…). Sa principale caractéristique réside en effet dans le chassé effectué sur le « quatre-et-un » du décompte de la danse.

Le pas de base :

temps 2 : le danseur avance son pied gauche en transférant le poids du corps vers l’avant (danseuse recule pied droit)
temps 3 : le danseur retransfère le poids du corps vers l’arrière (le pied droit – danseuse : pied gauche)
temps 4 et 1 (ou « cha-cha-cha ») : le danseur exécute un chassé vers la gauche (la danseuse vers la droite)
On recommence alors en inversant les rôles entre danseur et danseuse.

Le cha-cha-cha est une musique entraînante, qui se caractérise par un décompte original : on compte « deux-trois », « quatre-et-un », ce dernier correspondant au « cha-cha-cha » ayant donné son nom à cette danse.

Le tempo du cha-cha-cha tourne le plus souvent autour de 30 pulsations à la minute.

Pierre Lavelle, un professeur de danse anglais parti à Cuba a simplifié les pas et appelé la danse cha-cha au lieu de cha-cha-cha.

Le Reggaeton

Le Reggaetón, également épelé reguetón en espagnol est un genre musical, né au début des années 2000. Chanté en espagnol, il dérive du Ragga (ou raggamuffin ou Dancehall), avec des influences hip-hop, et des rythmes de musique d’Amérique Centrale et des Caraïbes. Elle fait danser la jeunesse urbaine de l’Amérique latine et des USA et plus timidement en Europe.

Il existe un débat assez passionné en Amérique latine sur l’origine du reggaeton. Certains défendent qu’il est de Puerto Rico alors que d’autres défendent qu’il est de Panamá. Mais on peut tenter des conclusions sur différents éléments.

Racines
Le mot reggaeton est un mot-valise, issu du mélange entre reggae et le mot espagnol maratón (marathon). D’autre soutiennent qu’il provient de Reggae et du mot anglais Town (ville).

Les premiers enregistrements de reggae en Amérique latine ont été réalisés au Panama au milieu des années 1970. Un grand nombre d’immigrés jamaïquains étaient arrivés pendant la construction du canal de Panama et ils ont apporté avec eux la musique reggae à la population locale.

En 1985, le rappeur Vico C du Porto Rico produit le premier disque de rap en langue espagnole.

En 1993 le reggaeton prend sa source dans le Dem Bow (du titre d’une chanson de Shabba Ranks, invention expérimentée sur des remix spanish-reggae par « El Chumbo » (Rodney S. Clark de son vrai nom), DJ et producteur désormais légendaire en Amérique du Sud. Le merenhouse a aussi influencé musicalement le reggaeton.

El Chumbo a produit un des premiers succès internationaux du Reggaeton : Papi Chulo (te traigo el mmm) par Lorna du Panama, tube de l’été 2003.

Dans les années 1990, les portoricains écoutaient du ragga en import, puis ils réinterprétaient en espagnol les chansons sur les mêmes musiques. Puis ils ont créé leurs propres riddims, avec une plus grande influence du rap que n’a le ragga. DJ Playero est un des producteurs de cassettes underground les plus célèbres au début. Don Chezina, Plan B, Speedy, Yandel et déjà Daddy Yankee font partie des pionniers.

La Cumbia

La Cumbia est le genre musical le plus représentatif de Colombie. La majorité des experts en folklore lui reconnaisse un caractère tri-ethnique, c’est-à-dire fruit de l’apport de trois cultures : la Noire africaine, l’Indigène et la Blanche.
• La Noire a apporté la structure rythmique et la percussion (tambours);
• L’Indigène a amené les flûtes (caña de millo et gaitas) et par conséquent, une partie de la ligne mélodique.
• La Blanche, de son côté, a ajouté les variations mélodiques et chorographiques, ainsi que la tenue vestimentaire des danseurs.
Au niveau de la chorégraphie de la cumbia, la façon de danser des hommes est, sans aucun doute, d’origine noire africaine; celle des femmes, par contre, pourrait être aussi bien noire qu’indigène ou, pourquoi pas, blanche, bien que certains folkloristes attribuent le mouvement des hanches des danseuses à la culture noire et non à la culture indigène.
Aujourd’hui encore, la cumbia est une belle expression du métissage de la culture colombienne.
La cumbia est née sur la côte caraïbe colombienne, près des villes de Santa Marta et Cartagena, face à la mer et sous le poids des chaînes de l’esclavagisme. Elle est née dans les bidonvilles des esclaves, où les Noirs pouvaient s’extérioriser et s’exprimer librement et où ils avaient l’occasion de côtoyer des indigènes. A cette époque, en effet, tout type d’expression artistique ou folklorique leur était interdit et ils n’avaient droit qu’à trois jours de fête par an.
L’ensemble typique ou autochtone de la cumbia est composé d’une tambora, un tambor alegre, un llamador, un guache (ou maracas) et une flauta de milla (ou gaitas). L’utilisation de maracas et de gaitas se limite à certaines régions géographiques.
La cumbia tropicale dispose de conga, piano, timbales, huiros et trompettes; elle est aussi appelée cumbia stylisée.
• Tambora : grand tambour à double peau, qui joue les basses.
• Tambor alegre : tambour de taille moyenne qui suit la ligne rythmique de base.
• Llamador : petit tambour qui bat la mesure à contre-temps.
• Maraca : calebasse remplie de graines ou de petites pierres de rivière.
• Guache : cylindre métallique rempli de graines ou de petites pierres de rivière.
• Gaita : longue flûte verticale dont la tête est fabriquée en cire d’abeille, en charbon végétal et en plumes de paon ou de canard. La « gaita femelle » possède 5 orifices et joue la mélodie; la « gaita mâle » a un seul orifice et joue les basses. La « gaita courte » a 6 orifices.
• Flauta de millo : petite flûte fabriquée en canne de millet ou sorgho, avec une languette, qui se joue de façon transversale.

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