Petite Histoire du Cigare

L’Histoire du cigare a plus de 500 ans. Il a été découvert à Cuba par Christophe Colomb en 1492. Mais, en fait, les Indiens le connaissaient déjà et le fumaient dans toutes les Antilles, le sud de l’Amérique du Nord et du Mexique au sud du Brésil.

La France, avec l’Espagne et le Portugal, fut l’un des premiers pays d’Europe à connaître le tabac. Au 18e siècle, la Havane obtenait de Madrid l’autorisation de transformer une partie du tabac de l’île. Les premières fabriques ouvrent leurs portes. C’est par contre à Séville qu’est inventé le cigare tel qu’on le connaît, composé exclusivement de tabac. Autrefois le cigare était enveloppé dans les feuilles d’autres végétaux. A Cuba les premières marques apparaissent en 1810. C’est à ce moment que le cigare de Cuba prend le nom de Havane et, à une prééminence absolue, rafle toutes les médailles aux expositions universelles.

Si pour les Français, les Espagnols, les Britanniques et bien d’autres pays, le Havane reste le prince des cigares, il n’en reste pas moins que dans certaines régions des Etats-Unis (ou comme chacun le sait, il est hors-la-loi) et de l’europe du Nord, il est très peu commercialisé et fumé.

Composition

Dans le sens de la longueur, le cigare est composé d’une tête, d’un corps et d’un pied. La tête est l’extrémité fermée que le fumeur doit inciser ou couper pour pouvoir le mettre en bouche et aspirer la fumée. Le corps représente la totalité du cylindre, droit ou conique, voire torsadé qui relie la tête au pied. Le pied est donc l’extrémité coupée qui laisse voir l’intérieur du module.

Dans le sens de la largeur, on retrouve la cape, la sous-cape et la tripe. La cape est l’enveloppe extérieure du cigare, composée d’une seule demi-feuille de qualité supérieure enroulée en spirale. La sous-cape sépare la cape de la tripe ; elle est constituée de deux moitiés de feuilles superposées et enroulées dans les sens contraire des veines afin de donner la fermeté. Quant à la tripe, cœur du cigare, elle est faite de 3 feuilles de qualité différentes dont l’ensemble donnera la personnalité, la force et la richesse de son arôme.

La tripe :

C'est le tabac qui constitue l'intérieur du cigare. La tripe est constituée de trois feuilles d'origines diverses :

le ligero, le seco, le volado

- Le ligero est la feuille située en haut du plant, elle reçoit directement la lumière. Elle donne sa force au cigare.
- le seco est cueilli au pied du plant, il lui donne son arôme
- le volado également cueilli au pied assure la bonne combustion du cigare




La sous-cape :

C'est la feuille intercalaire, elle se situe entre la tripe et la cape. Son rôle est de maintenir la tripe.

La cape :

C’est la peau du cigare. Si elle ne constitue pas l’essentiel du havane – la cape ne compte en réalité qu’en fonction de son poids et sa qualité est loin d’être négligeable. Elle influe sur la combustion du cigare, sur la cendre et joue un peu le rôle de révélateur "comme le sel dans un plat cuisiné", aiment dire les torcedores cubains.

La Bague

La bague est la signature du fabricant ; façonné en anneaux dans du papier brillament coloré. L’origine légendaire de la bague vient des Elegants du 18e siècle. Ils utilisaient une bande de papier qu’ils roulaient proche de la tête pour protéger leurs doigts ou leurs gants. Cependant, le père attesté de cet habit est Gustave Bock, négociant des Pays-Bas , qui en 1850 équipa les Havanes qu’il vendait pour se rappeler au souvenir de ses clients. Le 25 octobre 1884, l’Union des fabricants havanais fit officiellement sien le concept de la bague. Dès lors, ce fut à qui l’importerait par l’éclat de sa bague. Voici pourquoi le rouge et or dominent souvent la palette de leurs couleurs.

L’allumage

L’allumage est un moment crucial de l’art de fumer le cigare. Le cigare est composé et roulé de façon à ce que le tirage soit le plus constant. Mais, mal allumé, le meilleur cigare se fumera mal. La flamme doit être vive et sans odeur. Les allumettes soufrées et les briquets à essence sont donc proscrits. Tout d’abord, il faut réchauffer le pied du cigare puis allumer toute la section en tirant plusieurs petites bouffées rapprochées. Le premières bouffées ne sont d’ailleurs pas les meilleurs, le cigare ne dégageant tout son arôme que réchauffé par le feu qui le détruit.

Accessoires

A priori, l’on pourrait croire que fumer le cigare ne nécessite aucun accessoire, à part, bien sur, le feu qui l’allume.

Pourtant, l’un des accessoire les plus utiles est le coupe-cigares. Beaucoup d’amateur utilisent encore le coup de dent pour ouvrir leur cigare. Mais outre le fait marquant de manque d’élégance ainsi que la difficulté de recracher le bout arraché, il risque d’abîmer la tête. Le coupe-cigares permet donc d’effectuer une coupe nette et précise, n’abimant ni la tête, ni la cape.

Pour conserver vos cigares, optez pour un humidor. Cet appareil est au fumeur de cigares ce qu’une cave représente pour un amateur de vin. Il gardera les cigares à une température de 15 à 20 degrés Celsius et une humidité relative de 60 à 70 %. Si vous n’en disposez pas, trouvez un endroit où il fait noir et où la température demeure constante.

 



Les procédés de fabrication

La culture du tabac exige des soins permanents. Après la préparation de la terre en juillet-août, on sème en septembre et on repique les plants à la mi-novembre. La croissance des pieds doit être très surveillée. Le cultivateur, dit-on, vérifie 150 fois chaque pied de tabac. La récolte se fait ensuite entièrement à la main et feuille par feuille à partir de janvier.
Une fois les feuilles récoltées, elles sont entreposées dans la Casa de tabaco où elles sèchent entre 20 et 50 jours.
Après la 1ère fermentation à 35°, les feuilles sont triées, mouillées puis écotées (opération qui consiste à enlever la nervure centrale).

Une 2ème fermentation à 42° va durer environ 60 jours, puis les feuilles seront rassemblées en ballots.

Après environ 6 mois à 2 ans de mûrissement, elles sont expédiées dans les manufactures
Dans la manufacture, les cigares sont roulés à la main par les torcedores dans la salle appelée la Galera (la galère). Au début du 19è siècle, les fabriques étaient des prisons. De ce modèle est née la coutume d'asseoir les torcedores en longues rangées, comme des galériens .

Chaque torcedor regroupe ses cigares par botte de 50 dans laquelle il glisse sa marque. De chaque botte est prélevé un cigare pour la vérification du poids et de la taille recherchée.
Après que les cigares ont reposé plusieurs semaines dans l'escaparate, l'escogedor les classe par teintes.
La dernière étape est celle du baguage et du conditionnement. Après un ultime séjour en entrepôt, les cigares seront envoyés dans leurs pays de destination.

Patrick.






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